Julie MAUDUECH de l'association "Les comédiens" PDF Imprimer
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Écrit par Sophie D   
Jeudi, 01 Juillet 2010 12:21
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Julie MAUDUECH a reçu l'équipe de crazinina.tv en toute simplicité, dans l'intimité de son atelier où elle donne les cours de théâtre. Femme de talent et de conviction elle nous livre ici un peu d'elle même...


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« Je suis une métisse dans l'âme »


Comment te définis-tu en tant qu'actrice ?

De mère martiniquaise et de père marseillais, je suis une métisse dans l'âme. Je suis arrivée à 4 ans en Martinique pour ensuite aller à Paris à l'âge de 17 ans. J'y suis restée 20 ans.
J'étais timide et renfermée. Je voulais m'ouvrir au monde, plus partager avec les autres. C'est là que je décide de faire du théâtre. Et très vite je suis devenue actrice en répondant à un casting pour le film “METISSE” de Mathieu KASSOVITZ. J'y interprète Lola, premier rôle féminin. D'autres castings se sont enchaînés avec comme films "LA HAINE", "LE JOUR ET LA NUIT", "TENUE CORRECTE EXIGEE".
Et c'est comme ça que je suis rentrée dans une famille de cinéma. Et puis j'ai fait des choix au niveau des propositions pour les films ou téléfilms qu'on me proposait. Parallèllement, j'ai affiné ma formation en théâtre en expérimentant différents courants. Je me suis fait ensuite mon idée. Et mon enseignement aujourd'hui est basé essentiellement sur la méthode de la connaissance de soi.

 

Et comment es tu arrivée au métier de chef costumière ?

Petit à petit, j'ai naturellement changé de voie. J'ai intégré le studio Berçot. Je suis devenue styliste, j'ai peaufiné mon goût pour le costume. Pour moi, c'est la seconde peau de l'acteur, la première peau de son personnage. La vie aussi a changé, je suis devenue maman et toute mon activité s'est organisée autour de ma famille.
J'ai commencé à travailler de l'autre côté de la caméra pour des courts métrages et je me suis imposée en tant que chef costumière parce que je connaissais les besoins des acteurs. Que ce soit un film d'époque ou un film contemporain, je collais à chaque personnage. J'ai ainsi notamment travaillé sur “QUAND LES ANGES S'EN MELENT” de Crystel Amsalem, “NEG MARON” de Jean-claude Flamand Barny, “VIRGIL” de Mabrouk El Mechri, “LES RIVIERES POURPRES” de Mathieu Kassovitz, “LA TOUR MONT PARNASSE INFERNALE” de Charles Nemes.


Peux tu nous préciser ce qu'est la fonction de chef costumière que tu as occupée?

Concrètement, la chef costumière, c'est la personne responsable des costumes. Elle travaille en relation directe avec HMC, Habillage, Maquillage, Coiffage.
Elle crée, elle imagine avec le chef maquillage et le chef coiffure. Il faut être au plus près de ce que le metteur en scène a dans la tête pour lui présenter son idéal de personnage. Et cela passe aussi par la lumière, les décors, la musique. Bref c'est un vrai travail d'équipe. J'ai toujours travaillé dans cette dynamique, en équipe, tous solidaires sur un même projet. Et c'est ce que je veux aussi transmettre par l'association.


Quelle est ta vision de notre société martiniquaise ?

On a tous en nous le besoin et l'envie de s'exprimer librement et il devient aujoued'hui de plus en plus difficile de le faire. Travailler ensemble, utiliser la transversalité des différents secteurs d'activité...Générer une vraie force artistique, on a tout pour çà, il suffit juste de se lâcher. La Guadeloupe l'a déjà compris et ils s'organisent mieux.
On est authentique, et cela ne se limite pas pour moi à la créolité, c'est plus que ça, beaucoup plus. La Martinique regorge de gens talentueux, montrons le !!!


Comment générer une activité cinématographique locale ?

Il n'existe pas de Bureau des tournages ici à la Martinique. On a des techniciens de qualité, des moyens techniques, de l'argent mais on ne met rien en adéquation. Du coup les productions ne s'intéressent pas à la Martinique. Et aujourd'hui, il n'y a pas assez de courts métrages produits sur notre île, alors que l'on a encore un magnifique cadre et que l'on est riche d'une superbe culture à montrer.

Il existe aussi une dure réalité des intervenants qui comme ils travaillent peu, peuvent difficilement faire des concessions au niveau de leurs prestations. Du coup il revient souvent moins cher de faire venir quelqu'un d'ailleurs. De plus notre mentalité actuelle n'est pas adaptée au travail sans rémunération.

Ce qu'on oublie peut être, c'est que le court métrage est comme une carte de visite. Après normalement il y a un accord tacite entre le réalisateur et l'acteur. Le court métrage permet tout simplement la rencontre. C'est ainsi que j'ai été remarquée comme chef costumière. On peut provoquer la chance, le reste suit. C'est la seule façon de travailler aujourd'hui pour les jeunes.

 

Dans quelle démarche s'insère particulièrement ton projet, l'association les comédiens ?

L'association “les comédiens” se veut être dans un espace de liberté, d'écoute, d'échange propices à favoriser les rencontres, à développer le talent, à fédérer, déclencher des envies.
Que l'on soit comédien, plasticien, danseur, chanteur, écrivain, il favorise la transversalité des talents.


Comment prépares-tu ta rentrée 2010-2011 ?

Pour la rentrée, j'envisage de faire des ateliers théâtre sur des périodes de 3 mois sinon on risque de glisser sur de la psychanalyse et ce n'est pas mon objectif.
En 3 mois, l'acteur a le temps de ressentir un personnage, de tenir la durée. C'est motivant, il y a un réel travail d' équipe, qui permet l'assiduité aux cours. Le côté concret et rapide procure du plaisir, on se voit à l'oeuvre. Et puis l'élève fait l'expérience de la scène, il est devant le public.
C'est comme un stage de 3 mois avec validation à la fin. Cela donne un rythme aussi en terme de création à l'association “les comédiens”.


A la rentrée, l'association “les comédiens” sera :
À l'Atrium
le mardi soir de 19H à 21H pour les adultes,
le mercredi de 9H à 12H pour les enfants.

A CELOJEU
le mercredi après midi de 14H à 18H pour les enfants et ados,
les jeudi et vendredi soir de 19H à 20H 30 pour les adultes.



Ce qui te booste, qui te maintient en forme ?

Le surf, je suis vraiment fan. J'y trouve un espace de liberté, il y a aussi le côté physique, j'aime l'engagement qu'il demande, la montée d'adrénaline, la sensation de glisse sur la vague et sur l'élément en mouvement. Et c'est mon truc à moi pour aborder sereinement mes activités professionnelles. Mais je n'encourage personne à le faire. Rires...


Ce qui te met en colère ?

La stupidité, le manque d'intelligence du coeur.
L'incivisme écologique. Quand je vois un jeune jeter sa cannette de bière juste à coté d'une poubelle alors que les tout petits sont là qui regardent! Ce n'est pas normal! Qu'est qu'on fait? J'opterai presque pour une écologie terroriste pour protèger la nature de nous mêmes.


Ton petit conseil beauté ?

Rester le plus naturel possible, on est tous beaux quand on est vrai. Et puis bien sur prendre soin de sa peau au quotidien surtout quand on passe le cap de la quarantaine. C'est un plus.


C'est quoi pour toi la définition de l'amour ?

Respecter l'autre dans son essence première, écouter, faire des concessions. Et puis je crois qu'on se rend compte de l'amour qu'on a ou qu'on porte à la fin d'une vie...

Une rencontre qui t'a marquée durant ta carrière ?

Toutes les rencontres que j'ai faites m'ont enrichies et on fait aussi de moi ce que je suis aujourd'hui.

Un message pour les jeunes ?

N'ayez pas peur de vous investir, de vivre à fond vos passions au delà de la barrière de l'argent...Par exemple accepter de faire des court-métrages pour rien ou pas grand chose, c'est votre carte de visite, votre chance, cela permet de se faire connaître, d'apprendre le métier, le reste suivra.

Comment entrer en contact avec Julie MAUDUECH et l'association “Les comédiens”?

Mail : lescomediens@hotmail.fr
Site : www.associationlescomediens.com
Blog : assoslescomediens.blogspot.com
Tél : 0 696 97 03 57


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